Chaque fois
qu'un prisonnier était repris après une évasion,
les Allemands lui confisquaient tout ce qu'il pouvait avoir pour
s'évader : cartes, boussoles et vêtements civils
pour éviter toutes récidives. Ces accessoires étaient
rangées dans dans une caisse placée dans le bureau
du commandant du fort. Comme il y avait toujours du monde dans
ce bureau, les Allemands étaient tranquilles, la caisse
était en sûreté.
Le lieutenant russe Toukhatchewsky repéra
la cassette, dont le contenu était bien tantant et aussitôt,
un plan s'ébaucha pour retrouver ces précieux instruments
très utiles pour faire la "Belle".
Les prisonniers avaient la permission de se réunir dans
une petite pièce à proximité du bureau ;
quelques-uns s'y rendirentet firent du feu. Puis, 5 ou 6 autres,
de grande taille, le capitaine de Gaulle, Borgnis-Desbordes,
Leclerc, se présentèrent au commandant et aux scribes
qui travaillaient dans le bureau. Les uns, remirent une liste
d'objets qu'ils désiraient se procurer, d'autres, réclamèrent
au sujet de la nourriture ou des colis qui n'arrivaient pas ;
bref ils occupèrent l'ennemi tout en formant un écran
qui masquait à la vue des boches ce qui se passait derrière
eux.
Pendant ce temps, d'autres camarades, en un clin d'oeil, escamotaient
la caisse qui était transportée dans la salle de
réunion. Les officiers qui s'y trouvaient se partagèrent
son contenu et partirent au pas de course dans leur casemates
pour y cacher leur butin. Quant à la caisse, débitée
en petits morceaux elle disparue dans le poêle.
Dix minutes ne s'étaient pas écoulées que
les Allemands s'apercevaient du tour qu'on leur avait joué.
Furieux, ils furetèrent partout, entrèrent dans
les chambres, regardèrent sous les lits afin d'y découvrir
la caisse aux trésor, ne pouvant pas s'imaginer qu'elle
n'existait déjà plus. ils ne trouvèrent rien,
les prisonniers ont bien ri, quant aux commandant et ses acolytes,
ils riaient jaune.
Tiré de "Les robinsons de la Bavière"